Histoire

Éthymologie du nom de Brillac

Deux explications ont été avancées par différents auteurs.

1) Brillac provient du grec « Beryllius », devenu « Berullius » en latin, et doté du suffixe –acum signifiant « domaine de » : Berrulliacum est ainsi traduit : Domaine de Berrulius (Berrulius serait un légionnaire romain à qui une terre avait été donnée en vue d’une colonisation latine).

2) Le nom de Brillac viendrait de la position géographique de la commune; les noms comportant « briga, brica ou bira » étant donnés généralement aux villages situés sur des hauteurs.

L’orthographe a évolué : Brilhac est alors devenue Brilliac puis Brillac.

Ses habitants sont les Brilhachons (prononcez Brilhachous).

La Commune de Brillac au fil des époques

Au Moyen-Âge
Le bourg était traversé par 2 voies romaines : l’une des deux est l’actuelle Rue Ferrade. Elle conduisait de Esse à Confolens, en passant par le Pont Binot.

À l’Époque Médiévale
On accédait à Brillac par un pont-levis et des portes, le bourg étant ceint d’un château fort, renfermant une église en son centre. Ce château fut détruit et reconstruit de nombreuses fois, avant que Louis XI ordonne sa complète destruction suite à la rébellion de Guyart de Brillac (1470). Il reste quelques vestiges du château, notamment la tour de Brillac.

Époque Moderne
Les 5 châteaux présents sur la commune ont totalement disparu. Le prieuré Saint Marc fut détruit par un incendie à la fin du 17ème siècle, de même qu’une partie du village et de l’église. Le prieuré, reconstruit sur une surface moins importante, fermera finalement au 18ème siècle. A la Révolution Française, Brillac était telle qu’elle est de nos jours.

Terre de dévotions
Il existait 6 dévotions avec 6 itinéraires différents :
– La 1ère avait lieu à l’intérieur et à l’extérieur de l’église.
– La 2ème partait de l’église et passait par différentes croix autour du bourg.
– La 3ème partait de l’église et passait par l’étang et le cimetière.
– La 4ème passait par la Chapelle Saint Marc et l’église.
– La 5ème passait par la fontaine Saint-Mélizy, l’église et différentes croix.
– La 6ème était la grande dévotion de la Trinité ; elle partait de l’église, passait par la Croix de la Poule, la Croix du Got, la route des Quatre Chemins…

La procession d’environ 7 km avait surtout pour objectif de combattre les convulsions infantiles, l’insomnie, la peur et les fièvres. Ce rassemblement était l’occasion pour les domestiques et servantes de changer d’employeur. La Trinité était également le jour de la frairie dans le bourg. De nombreuses croix ont aujourd’hui disparu et la pratique des dévotions a progressivement cessé à la fin du XXe siècle. Il est probable qu’elles se pratiquent encore individuellement. Des sentiers de randonnées ont été mis en place à la fin du XXe siècle sur les itinéraires des anciennes dévotions.

Texte de M. Denis BERNARD

BRILLAC est une très ancienne localité dont le nom dérive de celui d’un personnage d’origine grecque BERYLLIUS (en latin BERULLIUS) suivi du suffixe « acum » qui marque la localisation d’où BERULLIACUM (le domaine de BERULLIUS) qui a donné BRILLAC.

Au cours des siècles, on trouve d’autres graphies BRILHAC ou BRILLAT. Dans la région, quelques familles portent ce nom. De cette époque restent les vestiges d’une voie romaine qui suivait le tracé de la Rue Ferrade et franchissait l’ISSOIRE soit au PONT BINOT soit aux « Pierres de GATINE ».

Le château dont on peut voir quelques restes depuis la place des Anciens Fossés est très ancien. On raconte qu’en 893, EBLES 1er comte de POITIERS et duc de GUYENNE vint mettre le siège sous les murs de BRILLAC. Il y fut tué par un trait lancé du haut du château. On dit aussi que des rescapés de l’armée sarrasine en déroute après la bataille de POITIERS (732) furent défaits près du PONT BINOT. Mais les documents manquent pour que ces faits soient tenus pour certains. Le château aurait été démoli, peut-être au cours des guerres de religion, par des troupes commandées par le sire de SAUVEBOEUF agissant sur ordre du roi. Il fut définitivement démantelé et vendu comme bien national au moment de la Révolution.

L’église date du XIIIème siècle. Elle était autrefois dédiée à St Pierre es liens et à St Mélise. Maintenant elle n’a plus que St Pierre comme patron. C’était au Moyen-Age une collégiale de 12 chanoines dont l’un était curé de la paroisse. Elle dépendait du chapitre de DOAT en BASSE MARCHE. Au village des HAUTES MESURES, un couvent abritait en 1180 une centaine de religieuses. Il fut détruit par un incendie peu avant 1700. Il n’en reste rien. On notait également trois chapelles rurales sises à LA VILATTE, MALANGIN et AUNAC. Il existait aussi une maladrerie dont on ignore l’emplacement (peut-être à la CROIX des MALADIES ?).

La fête de LA TRINITE (dernier dimanche de juin) donnait lieu à d’importantes processions attirant plusieurs milliers de pèlerins et à une grande frairie qui était encore à la fin du XIXème siècle la plus importante de la CHARENTE.

Les foires aux bœufs mises en place par le maréchal de SENNECTERRE amenaient chaque mois, sur la commune, des foules nombreuses.

La population était de l’ordre de 1600 habitants au début de la Révolution. Le pic fut atteint en 1846 avec 1680 personnes. Puis la chute devint inéluctable 1600 en 1886, 1537 en 1911, 1318 en 1921, 1205 en 1936, 1054 en 1954, 953 en 1962. A l’heure actuelle, elle est de l’ordre de 650 habitants. La guerre 1914-1918 fut particulièrement meurtrière coûtant la vie à 64 jeunes. Celle de 1939-1945 entraîna la disparition de 5 combattants. C’est au cours de cette guerre, dans la nuit du 22 au 23 juillet 1944, qu’un bombardier britannique qui venait de parachuter des armes pour le maquis s’écrasa lors de son retour près du hameau de CHEZ NIVARD à 4 km du bourg. L’accident causa la mort des 6 occupants (2 anglais et 4 canadiens) qui sont enterrés au cimetière de BRILLAC.

« Le sud de la commune est vallonné du fait de la présence des vallées de l’Issoire
et de son affluent la Marchadaine, qui se jette dans l’Issoire près de Gâtine. »
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